
Quand les colonnes dansent
L’équilibriste
En allant du côté de l’orfèvre, de l’alchimiste, du métallo, du magicien, on trouve le sculpteur Dominique Thévenin. Il semble rester l’équilibriste qui avance patiemment et de manière déterminée tenant sa barre d’acier. Le temps est suspendu à son fil doux et paisible, on retient son souffle. Le souffle de Thévenin est dans l’air et dans l’air de son temps. Aléatoire comme les couloirs du vent qui s’ouvrent.
Son œuvre a suivi l’axe qu’il s’est tracé depuis ses débuts avec ses parents artistes, de Cannes à Mouans-Sartoux puis à Grasse, jusqu’au dernier atelier-maison sur les hauteurs de la ville, avec les créations des années 2020. Sans filet et jusqu’au-boutiste, il a traversé l’adversité d’une vie radicale, discrète et exigeante dans les remous de la création, atteignant les temps épanouis que procurent l’exécution, l’aboutissement d’une recherche, le bel œuvre que ce dompteur d’acier partage avec le public.

Alors que le travail du métal se profilait dès les premières sculptures figuratives des années 80, il s’est attaqué dans les années 90 à des pièces plus abstraites, allant vers des pratiques toujours plus imposantes et monumentales. Il y a des pièces qui marquent le passage entre la figuration et l’abstraction comme Drapée de 1989, où anthropomorphisme et zoomorphisme s’entremêlent. On retrouvera toutefois l’allusion animalière avec Chenilles en 990, Miroir aux alouettes en 1998 et au lavoir de Mougins avec Palabres des hoche-queues en 2010. Ne reste de l’animal qu’une allusion qui reprend le balancement continu de leur queue dans de nouveaux apodes1 à l’horizontale, en route vers l’apogée du mouvement subtil et des voies improbables de l’équilibre. Comme l’écrit Nicolas Pesquès à propos d’un autre sculpteur : « D’ailleurs l’équilibre pourrait être le sujet de ces sculptures, non pas celui des balances ordinaires, du B.A.BA des poids et mesures, mais par la façon dont elles reposent sur rien et sur elles-mêmes, la manière dont elles engagent le regard en l’égarant ».2

Le cueilleur d’acier
Thévenin développe son attrait pour le métal brut qu’il récupère chez des ferrailleurs, des rebuts de métallurgie, et qu’il réhabilite ou ressuscite par la transformation, sans s’attaquer systématiquement à la matière et qu’il réimplante : entreprises, friches, hangars, ateliers, sites industriels, parcs végétalisés constituent ses terrains de jeux et favorisent des rencontres artistiques.
Dans les diverses installations de sculptures qui rappellent des cheminées (Apodes tronconiques du MIP à Grasse en 2008), des fûts, des machines décomposées, des pilotis, des éléments d’usines disparues, des sites souvent hostiles, le public déambule. De prime abord, il ne voit rien d’autre que des tubes, des IPN, des pieux, des sortes de barres cylindriques qui tiennent on ne sait comment. Une géométrie bercée dans l’imprévisible. Délicatement ces objets d’acier, d’inox ou de bois (comme pour V… à fleur d’eau) se figent ou se balancent, « Objets porteur de monde, mais aussi véhicules d’un dépassement, vecteurs d’une masse absente qui les déborde et, de toute part les grandit. » 3
On prend l’habitude d’y rencontrer parfois le silencieux fils de celui que les Romains rebaptisent Vulcain. Dans la mythologie grecque, Héphaïstos est le dieu du feu, du fer, et donc des forgerons. Les gestes sont précis. La forge active. En réserve la parole mise. Thévenin voue son langage à la pratique quasi ouvrière de la tradition du travail du fer en sculpture. Puis il la transcende. Ce corps à corps avec ses colosses, c’est « comme s’ils possédaient une langue que nous devinerions sans pouvoir l’utiliser. Ne s’adressant à nous qu’à cette condition, ne gravitant qu’à distance, comètes dont nous recevons l’amitié, dont la naissance et le passage ne cessent de nous faire signe. Et ce signe qu’elles nous font est toujours une bonne nouvelle. » 4 En 2005 le MAMAC de Nice consacre une importante exposition de ses sculptures mobiles.
Des colonnes d’acier comme des arbres dans le vent
La recherche et la pratique de la sculpture de Thévenin évoluent dans des problématiques actuelles qui sont encore remises en question par d’autres sculpteurs contemporains à chaque étape du travail : dessins préparatoires, maquettes, formes, choix des matériaux et des outils (chalumeau, machines à trancher, découper, scier, poncer…), absences de socle ou de base. De même ce qui concerne les proportions et les emplacements souvent détournés des lieux qui accueillaient la sculpture à l’origine, tels que jardins et lieux sacrés, places publiques ou palais et châteaux de quelques seigneurs, édiles ou membres du clergé.
Depuis Le Bernin la sculpture, en particulier celle des vingtième et vingt-et-unième siècles, n’a de cesse de proposer des pièces innovantes, surprenantes et dérangeantes, introduisant ou pas les secousses du monde, les questions environnementales, ses inquiétudes, ses doutes. Mais dans les travaux de Thévenin, la place de l’humain est assurément centrale, dans le cosmos, en conscience et en interrogations spatio-temporelles.
Imaginez cette installation : 15 colonnes, présentée pour la première fois à Siegbourg en 2000, acquise pour la Route des Sculptures (Routenfürher Mandmarken-Kunst) et installée à Oberhausen. Il écrit que cette pièce a été réalisée à partir d’aciers récupérés. « Immergés pendant plusieurs dizaines d’années, ils soutenaient un ponton aujourd’hui démantelé du port de Saint-Tropez. Tronçonnés sur des longueurs de 2,20 m à 2,50 m, ils pèsent environ 150 kg chacun. Récupérés, redressés, les quinze apodes groupés en une forêt quadrangulaire, s’animent de lents mouvements. Ils se jouent de l’équilibre, jamais en repos. Chacun des éléments choisis est une séquence extraite de tonnes d’acier vouées à l’oubli. De leur ancienne situation ils conservent les transformations apportées par la salinité, les concrétions du plancton et des animaux marins. A Oberhausen, berceau de la sidérurgie, elles se trouvent confrontées à leur origine »5. Quinze colonnes qui s’animent et vivent. Pesquès toujours à propos de Wallach : « En fait tout est en place pour que la vie soit possible : les matériaux, l’espace, le plan de construction, mais aussi son questionnement, son interprétation permanente, ses ombres variables. »6

Il suffit d’un index et d’un effleurement pour que tout s’agite. Ou d’un passage de brise : « De l’air, il y en a presque toujours. S’il n’est pas inclus, il est marqué. L’air oriente la sculpture. Il est ce sur quoi elle s’appuie et avec quoi elle compose. Cette apesanteur des pièces est leur logement, l’invisibilité de leur bâti, la suspension de leur souffle. » 7

Des pères, des frères et des amis
Les mouvements de l’art qui tournent autour de cette question du mouvement et de la vision depuis les futuristes (la vitesse, les machines, le dynamisme) sont des points de références comme des phares avec lesquels s’orienter et tracer son chemin. S’agissant de Thévenin, il convient d’évoquer l’op’art, (François Morellet, Vasarely), l’art cinétique, et si on veut encore chercher des filiations, des voisinages, des accointances, des affinités, on peut creuser du côté du land’art comme avec Goldworthy, Udo, Long. Puis dans l’arte povera avec Zorio, Calzolari ou Penone. L’ont nourri des minimalistes comme Richard Serra. Mais le phare des phares qui anime l’acier c’est Calder. Puis Tinguely qui l’agite et le sonorise avec humour. Venet le dessine et passe par la Mathématique, il le tord monu-mentalement, Chillida et ses gravitations ne s’encombrent pas d’effets, Soto trouble la vue et la stabilité mais il y a aussi des artistes contemporains comme Sorin qui lui font dire : « En mouvement, en permanence ! L’immobilité est un leurre. Nous sommes traversés par le mouvement et le temps. L’instabilité permanente à laquelle nous sommes soumis. »8

Dominique Thévenin égrène ce précieux inventaire car il est curieux des autres artistes, mais c’est en électron libre et solitaire qu’il a construit son œuvre singulière.



L’artisan des contrastes sans contraire
Le regardeur vacille quand soudain le vent, peut-être juste un timide courant d’air, intervient. Sur sa tige de métal comme une branche, l’apode s’incline avec une légèreté déconcertante. Cette énorme masse tremble sur sa frêle tige invisible et on peut l’entendre en y prêtant l’oreille. Le colosse aux accents de colonne a l’air fragile. Une danse hypnotique s’offre à nos sens. Nous-mêmes pouvons percevoir notre vulnérabilité à travers la mouvance des appuis. On tangue, oscille. Il y a de la fascination dans l’air. Sans artifice, ni système mécanique, la pièce est nue et comme il le souligne : « L’homme crée des machines rapport à ses besoins, mais il a la capacité de créer des machines à rêver, à remonter le temps ».9
Le trouble de l’apesanteur et le mouvement incitent le regardeur à pencher la tête, engager son corps et bouger en phase, puis à se poser. Prendre un instant de volupté. Dans un monde où tout s’appuie et repose sans repos sur des accélérations, le travail de Thévenin met un frein.
L’éloge de la légèreté et de la lenteur nous embarque ; on peut perdre pieds et le nord. Pesanteur/légèreté, Solidité/fragilité, équilibre/déséquilibre, industriel/naturel, immobilité/mobilité/, brut/fin, prévisible/imprévisible, aérien/terrestre… tant d’antonymes qualifient son travail. Affiner l’épure confère à la recherche de l’essentiel dans des pièces dépouillées. Le minimalisme des matériaux à peine dégrossi et recyclés souligne l’apologie de la forme et des lignes (l’acier de certains apodes est traité à l’acide ou peint). Dans la géométrie rigide et rigoureuse des verticales, des horizontales et des obliques, on peut s’épancher et douter : « est-ce que je vois bien ce que je vois ou est-ce une illusion, un mirage ? » L’espace est dessiné et l’environnement de la sculpture revisité et quasi habité. La perception de l’air devient palpable, on l’apprivoise.

C’est dans cet œuvre choral que les éléments eau, terre, air et feu peuvent se rassembler et nous procurer un flux d’énergies et de sensations puissantes. L’artiste nous incite au rêve et nous affranchit des contraintes : tout devient alors possible et accessible : « Jouant la contradiction, l’amplitude du mobile respire doucement (…). Mis en œuvre sans artifice ni mécanique, le fer, dans sa nue simplicité de fabrique, souligne la volonté de confronter ces sculptures au temps et à la gravité des espaces à travers lesquels elles existent. Ce sont ces non-limites qui interrogent, ces franges où la perception est prise en défaut alors que les certitudes vacillent, les instants fragilisés » 10. Il fait de la lourdeur de l’acier, de ses référents explicites souvent martiaux, austères ou abrupts, un foyer de poésie hors réel, hors temps, hors sol.

Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles, filantes, il écrivait qu’il essayait de créer un souffle dans quelque chose qui, a priori, serait figé. C’est comme cela, qu’avec son dernier souffle, il nous souhaite. Jamais figés.

Sophie Braganti, éditions Southart, 2024
1Apode, c’est le nom que l’artiste a donné à ses sculptures sans pied, qui semblent en apesanteur sans aucune embase et qui défient les lois de la gravité.
2Nicolas Pesquès, Sans peinture, sur Paul Wallach, L’Atelier contemporain, 2017.
3Nicolas Pesquès, Sans peinture, sur Paul Wallach, L’Atelier contemporain, 2017.
4idem.
5Propos de l’artiste.
6Nicolas Pesquès, Sans peinture, sur Paul Wallach, L’Atelier contemporain, 2017.
7idem.
8Propos de l’artiste.
9Propos de l’artiste. Machines, c’est le nom donné à une exposition au domaine du Château de Seneffe (Belgique) où Dominique Thévenin a utilisé des fûts de parfumerie en 2007.
10Propos de l’artiste

PAROLES JETEES AU FEU
(extraits, 2001-2024)
Sophie Braganti
Tu t’élèves ça se voit à ta démarche tu décolles presque comme après ton chaos et si tu te sens plume c’est qu’en terre le poids des jours a été absorbé

Tu as déposé les eaux comme d’autres les armes mais si ton arme c’est ton eau il te reste encore du feu et du bout des lèvres tu parles aux étoiles

Si tu te dissous solidifie-toi si tu casses ramollis-toi ta colère gicle ton calme éclabousse et les paroles jetées au feu

On distingue trop mal les mouettes sur la ligne d’horizon laissons là nos conclusions

Pas de lésion densité homogène deux axes s’exposent aux rayons quelle image as-tu de toi-même une ligne de fuite et un instantané

Un souffle sur la langue comme un cheveu et tes mots en apesanteur maintenant ne touchent plus terre
Tu surnages et avec ton ombre tu flottes tu promets que tes mots ne se gripperont plus à la colle des mauvais jours

(Pas d’image )
C’est l’heure d’allumer l’eau
j’y cours
Tu n’y vois que du feu tu t’obstines tu interroges les nuages qui ne desserrent pas ils avancent sans toi tes yeux brûlent et tu cherches ailleurs dans les interstices de quelques étoiles

Avec ton ongle tu dessines c’est beaucoup dire tu griffes si tu t’habilles de blanc que sera le poids du noir là où tu ne connais nulle nuit

Tu ouvres l’oeil sur une pointe de jour mais l’eau s’abat sur la fumée de ces légendes inventées au pied levé avec le soleil ça brûle et sèche
Tu craches l’encre et tu t’en vas ainsi ton passage est fixé dans la lumière la pluie n’y peut rien les mots sont loin derrière la fumée envolés c’est leur signature

SOPHIE BRAGANTI
UN COUP DE VENT JAMAIS N’ABOLIRA LE HASARD
C’est dans la partie intime de Grasse qu’il faut voir le lieu du travail. Des friches, des ateliers et des usines à l’abandon. De pères en fils. Dans la pente. On voit loin. Les champs. Les abus de l’urbanisation. La mer sous les nuées de fin de journée. Ça sent bon.
Ici Dominique Thévenin et ses sculptures ont ce calme propre aux levers du jour. Le « la » de la poésie vous recompose quelques tons. Vous voyez, cette absence de nom qui colle aux couleurs des premiers instants de l’aube ? Cette fausse immobilité des murs et des arbres ? Ce léger souffle qu’on connaît surtout dans les films qui vont si bien aux acteurs avec leurs pas légers et fragiles des derniers instants nocturnes ? C’est à tout cela que ça ressemble. Avec en plus l’acier qui nous joue des tours sans brutalité, en arborant des figures de troncs, leur empruntant jusqu’à la couleur (cette couleur sans nom soumise aux caprices de la lumière, à l’action du temps qui imprime sa rouille).
Il y a longtemps que je n’avais pas été fascinée.

J’en eus le pas hésitant et le sens de la question perdu. C’est à dire que le doute s’installe sur votre corps et sur ce qui l’environne. Qui est bouge ? Qui stable ? L’objet devant soi est en apesanteur. Réellement. Il donne aux murs ou aux arbres un mouvement autre. Des mètres d’instabilité solide. A dimensions humaines. Il met en alerte plus le regard et le corps que le toucher. L’expression « ne plus tenir en place » prend tout son sens ici. Des masses aériennes qu’un seul passage, un geste pour fouiller dans son sac, un éternuement, un soupir et tout est transformé, déstabilisé dans l’imperceptibilité et dans la légèreté d’un mouvement imprévisible entraînant des lignes sensuelles de droite à gauche ou de haut en bas, ou quelques esquisses circulaires fragiles. Et on bouge en même temps, on s’interroge sur la magie d’abord, ensuite sur la science.
Mais surtout pas. Surtout ne pas percer le mystère de comment cela est fait. C’est là. Silence.
Se laisser flotter entre les 18 pieux ou pilotis qui rappellent Venise sauf qu’ils s’enracinent dans du sable ou de la terre in situ. Air, terre, la matérialité échappe aux critères habituels. La simplicité du « trait » ajoute à l’étonnement. On se prend au jeu de souffler sur la sculpture, de lui donner juste une impulsion de l’index pour la provoquer un peu. Mais elle se passe de nous. Comme des noms d’autres artistes de la même sensibilité. Symbiose.
Le sculpteur est discret et son intervention apparaît peu. Son œuvre de pièces récupérées ou non, nous fait oublier le travail, son fer à retordre. Idem les mois de recherche, de précision, de maîtrise des matériaux, qu’il connaît depuis toujours, de père en fils. Quelque chose d’évident, grâce à l’équilibre trouvé dans le rapport des formes et de leurs tailles.
Lourdeur et légèreté, solidité et fragilité, horizontalité et verticalité, va et vient dans l’expectative, il se dégage là, une énergie, vraiment, incroyablement, peu commune, qu’il est bon d’engranger.
© Sophie Braganti, revue Verso n°23, 2001
Dominique Thévenin
1955
Naissance le 5 juin à Paris, où ses parents Sido et François étudient à l’École des Beaux-Arts.
1958
La famille vient s’installer à Cannes La Bocca dans une grange qu’ils transforment peu à peu en « maison- atelier ». De leur rencontre avec Jacques Couëlle, l’architecte des « maisons paysage » pour lequel ils travaillent
au vaste projet de Castellaras, sur la commune de Mouans-Sartoux, naît une amitié avec Marcel Duhamel, les frères Prévert, Maurice Druon, Mezz Mezzrow, Serge Reggiani, Brassaï, André Villers. Tout au long de son enfance et de son adolescence il se forme au dessin, et aux techniques artistiques en rapport avec les créations de ses parents. Il pratique aussi la musique et fabrique sa première guitare.
1974
Il suit les cours du soir à la villa Arson de Nice, tout en travaillant à l’atelier familial : travail du métal, forge, soudure, travail du cuir, gravure sur inox.
1975
Service militaire.
1977
Il s’installe à Nice pour suivre les cours de l’École Nationale d’Arts Décoratifs de la Villa Arson.
1978
Il se marie avec Axelle en 1978 et revient à Cannes La Bocca chez ses parents, pour reprendre le travail dans leur atelier.
1979
Naissance de son fils aîné, Sébastien. Dans cette période, il amorce une production plus personnelle : dessins, collages, sculptures.
1986
Sido, sa mère, décède. Cette année est marquée par sa première exposition, en compagnie d’Axelle, son épouse : une série de collages sur papier, à la Galerie Suzanne Pons de Cannes.
1987
Soucieux d’acquérir son indépendance, il travaille plusieurs mois dans un atelier de serrurerie au Cannet. Naissance de Tristan, son fils cadet.
1988
Il peut installer son premier atelier personnel dans des poulaillers désaffectés aux Clausonnes à Sophia Antipolis. Il mène alors des recherches sur le métal forgé et commence à intégrer à ses sculptures des matériaux de récupération, issus de la production industrielle tels que les I.P.N., cuves, tubes, poutrelles… Il réalise des commandes pour des particuliers. D’autres artistes viendront le rejoindre notamment Eric Andreatta, Guy Champailler, Jean-Louis Kolb.
1990
Participation aux Rencontres des Artistes Contemporains dans diverses villes des Alpes-Maritimes ; ainsi qu’au Castel des Arts à Vallauris organisé par le groupe Quartz, chez Art Invest Gallery avec Alexandra Allard au Cannet et à l’exposition Pour les enfants de Roumanie au Domaine de Belieu à Saint-Tropez.
1991
En compagnie de Daniel Fillod, à l’hôtel Mercure de Sophia Antipolis, il expose des sculptures, certaines mobiles et monumentales. Il participe à la Fondation Sicard-Iperti à l’exposition Dessins à desseins (ou naissance d’une sculpture) avec Albert Chubac, Daniel Farioli, Nicolas Lavarenne, Nivese, Daniel Orsoni, Bernard Reyboz, Alain Rufas et Edmond Vernassa.
1993
Il se crée un atelier-maison, dans une friche industrielle à Mouans-Sartoux, partage l’atelier avec Jean-Louis Kolb. Il est invité au Symposium d’Arte Città di Laigueglia en Italie où il présente, pour la première fois, son travail de sculpture en équilibre : les « Apodes ».
1995
Présenté par la Galerie Soardi de Nice, il participe au XXXe Prix international de Monte-Carlo avec la sculpture « Le champ des sirènes ». Une manifestation de groupe a lieu au Château du Bar- sur-Loup : Mémoires Résonnances, une exposition Mémoires avec Frédéric Altmann, Michel Houssin, Yves Rousguisto, Isabelle Sordage, André Villers et un concert Résonnances avec Alain Bedos, François Dujardin, Jacques Gesina, Amiel Mouelhi et Serge Pesce. Dans un hangar industriel mitoyen de l’atelier, il présente un ensemble de sculptures et de dessins sous le titre de Gravité, manifeste d’un principe de travail mettant en évidence les antagonismes lourd/léger, robuste/fragile, statique/mobile. Sybil Albers et Gottfried Honegger achètent une sculpture dela série « Apode » pour leur collection qui fera l’objet en 2001 d’une Donation à l’Etat (C.N.A.P.) pour l’Espace de l’Art Concret de Mouans-Sartoux.
1996
Il expose chez François Lippens (collectionneur) à Roquefort-les-Pins un ensemble de treize sculptures mobiles. La Galerie Beaubourg de Vence lui achète un ensemble de trois « Apodes ». La Galerie Schüppenhauer de Cologne (Allemagne) qui a découvert son travail lors de l’exposition Gravité l’année précédente, présente son travail à la Kunst 96 de Zurich (Suisse) puis à Art Cologne.
1997
Il installe son atelier-maison au Domaine du Couloubrier à Saint- Jacques de Grasse. Avec Jean-Louis Kolb ils y organisent une manifestation regroupant des amis artistes : P. Antoine, J.-C. Gagnieux, J.-L. Kolb, A. Mouelhi, S. Pesce, I. Sordage, P. Vaillant, V. Vincent, dans plusieurs disciplines : danse, photographie, musique, performance, installations, peinture, sculpture, dessin. La Galerie Schüppenhauer de Cologne lui consacre une exposition Schwerelos en parallèle avec la Galerie Wasserwerk de Siegburg (Allemagne) et édite un catalogue. Elle présente son travail à la Feria internacional de Arte Contemporaneo (ARCO) 1998 à Madrid. Son divorce est prononcé.
1998
Participation aux expositions de groupe : Clans particulièrement avec Ben, Bernard François, Ludovic Lignon, Yves Rousguisto, Maria Rousguisto et Isabelle Sordage dans l’arrière-pays niçois. Sommes-nous des barbares ? avec une quarantaine d’artistes dont Ben, Martin Caminiti, Max Charvolen, Gérard Eppelé, Patrick Lanneau, Cédric Teisseire, à la Galerie Françoise Vigna de Nice et à la Galerie Catherine Macé de Cannes.
Il organise la deuxième édition de la manifestation du Couloubrier : Déjeuners sur l’herbe et Histoires d’eau avec A. Abrahams, le groupe Artéa, F. Eli, R. Dall’Aglio, D. Demosay, J.-C. Gagneux, G. Limone, F. Mariotti, A. Mouelhi, S. Pesce, E. Pinard, J. et C. Pineau, Y. Rousguisto, I. Sordage, P. Vaillant. La Galerie Schüppenhauer le présente à la Foire Internationale d’Art Contemporain (FIAC) de Paris. Il expose à la Galerie Beck & Eggeling à Düsseldorf (Allemagne). Il est invité aux Rencontres N012 Or paires en tandem avec J.C. Gagneux à La Vigie Art Contemporain, galerie d’Isabelle Viallat à Nîmes. Il installe une sculpture : « Verticale » pour l’ouverture du « Centre du Monde » de Ben à Nice. Il rencontre Francine Guibert qui devient sa compagne.
1999
Il est invité à participer à l’exposition
de groupe Lo Vallon es very Nice au Vallon du Villaret en Lozère. Il réalise une sculpture monumentale « La Grosse Ronde » (ou Une tonne en partance !) pour un collectionneur new-yorkais. Il participe à la FIAC de Paris puis à Art Brussels (Belgique) avec la Galerie Schüppenhauer et à la Galerie Incontro à Eitorf (Allemagne).
2000
Nouvel Atelier : installation dans un local, partie d’anciens ateliers de chaudronnerie, à Grasse. Deux sculptures sont présentées à la Galerie Beaubourg de Vence. Une double exposition Freie Sicht aufs Mittelmeer avec Rilo Chmielorz se tient à la Galerie Schüppenhauer de Cologne avec dix sculptures et Schwerelos à la Galerie Wasserwerk de Siegburg pour laquelle il réalise l’installation monumentale de « 15 colonnes » qui sera acquise en 2001 par le Musée de l’Industrie d’Oberhausen (Allemagne).
2001
Il participe à nouveau à l’ARCO de Madrid et à Art Brussels. Le Musée Zanders de Bergisch-Gladbach (Allemagne) lui achète un groupe de deux « Apodes ». Il propose une série de travaux sur papier « Fumées » dans le cabinet d’architecte de Pierre Fauroux.
2003
Pour l’exposition L’Eau & le Feu , dialogues littéraires et plastiques, à la Maison des Arts de Carcès (Var) il présente un ensemble de trois Fumées : fumées d’acétylène et colle sur papier, en dialogue avec un texte inédit « Paroles jetées au feu » de Sophie Braganti.
2004
Il est invité par l’association CRANE à la manifestation Été des Arts en pays d’Auxois-Morvan . Dans le parc de la Maison des Gardes il installe la sculpture « Miroir aux Alouettes ».
2005
Le Musée d’Art Moderne et d’Art Contem- porain (Mamac) de Nice présente Dominique Thévenin, sculptures : un ensemble de sept œuvres monumentales sur l’esplanade Niki-de-Saint-Phalle et l’Atrium. La ville de Nice achète pour le Mamac « 3 fûts en biais ».
2006
Pour le compositeur Michel Redolfi, avec la participation d’Yves Rousguisto, il crée une sculpture sonore subaquatique, jouée pour la première fois par Alex Grillo à la Biennale de Venise 2006 (musique et danse). L’exposition Épitomés se tient à la Galerie Sintitulo de Mougins avec deux séries de travaux à plat, brûlures d’adhésifs sur aluminium ou laiton, ainsi qu’une sculpture « Apode inox sur base ». À la Galerie Catherine Issert de Saint-Paul de Vence il expose la sculpture « Hommage à Richard Serra ».
2007
Il participe avec Martin Caminiti, Francis Dusépulcre et René Progin à l’exposition Machines au Domaine du Château de Seneffe (Belgique) et présente six sculptures monumentales dans le parc du château.
2008
Il réalise une sculpture « Apode tronconique no1 », commandée dès 2005 pour le Parcours d’Art Contemporain par le Musée International de la Parfumerie de Grasse.
2009
L’association l’Enfance de l’Art intègre sa sculpture « S.T. La Vigie » au Parcours d’Art Contemporain du Vallon du Villaret (Lozère).
2010
À Mougins, il expose au Lavoir « Palabres des hoche-queues » du 5 au 18 juillet et dans les jardins publics, du 5 juillet au 5 octobre, « Miroir aux alouettes, 1998 » et « Apode inox sur base, 2005 ». En août démarre le projet de sculpture monumentale pour IFA Rotorion située à Haldensleben (Allemagne), une firme d’équipement automobile. Il réalise d’abord les dessins d’étude : une série de soixante-deux dessins au bitume de Judée sur papier glacé. « Vœux 2011 », une autre série de 150 dessins au bitume de Judée sur papier glacé sera envoyée à 150 destinataires.
2011
Il continue le projet pour IFA Rotorion avec des dessins, une maquette et fait un voyage d’étude sur le site de l’usine. Il expose en juin les « Vœux 2011 » dans la maison encore en construction de l’entrepreneur François Moro à Mouans- Sartoux, Pierre Fauroux architecte.
2012
Il commence la réalisation, in situ, de « Apode dans les arbres d’ IFA », sculpture monumentale dont la fabrication est menée avec des étudiants en formation à l’usine. Il réalise la scénographie duspectacle Mon petit cœur dans le navirede Caroline Duval (Compagnie BE). Melonius Quartet de Patrick Vaillant réalise le clip « Gaucho » dans son atelier à Grasse.
2013
Emmanuelle Pépin lui commande une étude pour la scénographie d’un spectacle à venir de la Compagnie de danse « 7Pépinière ».
2014
Il expose deux sculptures dans la propriété de l’entrepreneur François Moro à Mouans-Sartoux. Il présente une exposition dans son atelier à Grasse, de dessins à l’encre de chine de Jacques Parnel qui dialoguent avec ses propres sculptures. Il participe dans le cabinet d’architecte de Pierre Fauroux à Cannes à une exposition avec Alain Calvy, Max Charvolen et Jacky Moro.
2016
Il est invité pour les expositions La création contemporaine sur la Côte d’Azur, Impressions d’Ateliers I et II qui se tiennent au Centre International d’Art Contemporain (CIAC) du Château de Carros et au Château de Cagnes-sur-Mer.
2017
Il participe à la manifestation Mougins Monumental 2017 : sculptures en plein air dans Mougins-village, avec huit autres artistes : Briffaud, Caminiti, Coville, M. Klein, Lannoch, P. Manzoni, B. Venet. Dominique Thévenin expose « Trois Apodes sur base, 2005 », « Palplanches, 2005 » et « Oblique 1, 2000 ».
2018
L’Exposition Arts Ephémères – Frottements , dans le parc et les salons de La Maison Blanche à Marseille regroupe dix-sept artistes ainsi que les travaux des étudiants des Beaux-Arts de Marseille. Il installe « Groupe 3 grands Apodes, 2005 ».
2019
pour l’exposition Dominique Thévenin à la Médiathèque de Mouans-Sartoux il installe « V… à fleur d’eau ».
2021
l’Expo Solidaire se tient à Saint-Martin-Vésubie, il y participe avec un don de quatre thermocollages de la série « Là, Faire est dans le sac » de 2015.
2023
Il décède le 17 avril à Grasse.
2024
Du 27 avril au 3 novembre, le Musée International de la Parfumerie présente dans ses jardins à Mouans-Sartoux [Des] équilibres, un hommage à Dominique Thévenin.